mercredi 15 février 2012

En Chine aussi, on a cru au Dieu-Un, El Shaddaï, et on a raconté La Création, comme dans la Genèse




Vous ne me croyez pas n’est-ce pas, alors je vais essayer de vous le démontrer.
En l’an 1656 après la Création du Monde selon les Hébreux, soit 2100 avant l’ère ordinaire, eut lieu le Déluge qui engloutit la totalité de l’Humanité, à l’exception de Noé et de sa petite famille. Les trois fils de Noé et leurs épouses donnèrent naissance à l’humanité post-diluvienne; donc, aux Chinois aussi par définition. En descendant de l’arche sur la terre ferme, le premier geste de Noé fut d’offrir un sacrifice à l’Eternel, pour  le remercier de l’avoir épargné.
L’empereur Shun qui régna en Chine, plus ou moins à l’époque de Noé, avait également pour coutume de sacrifier un taureau sur l’Autel du Ciel au dieu Chang-Ti, et, cette coutume se perpétua en Chine jusqu’en …  1911.
Donc, pendant 4000 ans,  l’Empereur en place a eu pour coutume de sacrifier annuellement sur l’autel, une bête à corne. Quant aux Hébreux, les rites du sacrifice se perpétuèrent au Temple de Jérusalem, jusqu’à sa destruction, et continuent à être enseignées dans les Yeshivot, afin que la technique des sacrifices ne se perdit pas; on ne sait jamais.
A qui était destiné ce sacrifice. Pour les Hébreux, il n’y a point de doute: au Dieu Un, à qui les Hébreux attribuent une multitude de noms. Parmi ceux-ci figure El  Shadaï. Quelle est la signification de ce nom ?
Le Talmud de Babylone, traité Haguiga page 12 A, nous fournit une très jolie explication: Rav Yéhouda a dit : Quand le Saint Béni-soit-Il  créa le monde, il s’expandait  (du verbe «to  expand» en anglais ouMarhiv vé Olekh, en hébreu = allait et s’agrandissait), comme deux bobines de soie qui peuvent se déroulent sans fin si on ne les arrête pas, jusqu’à ce que le Saint Béni-soit-Il  lui crie STOP ou, Ca suffit ! Sans cette ferme injonction, le phénomène d’expansion n’aurait pas eu de fin.   Resh Lakish complète et nous dit: quel sens donner au verset (Genèse 35) « Je suis El Shadaï, Celui qui a dit à son monde Daï, Stop !Shaddaï, est en effet  une contraction de Shéamar léOlamo daï , qui a dit à son monde « Assez » ! Resh Lakish enseigne: au moment où le Saint Béni soit-Il, a créé la mer, celle-ci allait en expansion, jusqu’à ce qu’Il gronde contre elle et qu’elle s’assèche, comme il est dit : « Il menace la mer et la dessèche, il fait tarir tous les fleuves ». Shaddaï est donc le Dieu créateur qui est obligé de contrôler sa création, faute de quoi elle n’en ferait qu’à sa tête; les mers occupant tout l’espace disponible.

Les Chinois anciens avaient aussi leur dieu créateur. On l’appelle indifféremment Tian qui signifie « Ciel » ou Chang-Ti, ou  Shang-Di, qui se prononçait sous la dynastie Zou ‘djanh-tigh’ ; prononcer Zhan-daï.Zhan-daï ou Shaddaï, les deux termes se ressemblent comme deux gouttes d’eau. De nombreux spécialistes, chrétiens essentiellement, ont pointé le doigt sur la proximité entre les deux mots.

Aux premiers âges on connaissait donc en Chine le Dieu créateur, suprême et unique. Il est le Dieu adoré par les Chinois anciens aux temps des dynasties Chang (1766 à 1122 av. JC) et Tcheou (1122 à 221 av. JC).
Qui plus est, les récits chinois sur Chang-Ti correspondent pratiquement mot à mot avec ceux du début de la Genèse : Chang-Ti a créé le ciel, la terre, les plantes, les animaux et l’homme. Il avait placé un « arbre de la Sagesse », celui qui en mangerait serait aussi sage que Lui. Mais l’homme pécha et fut chassé du Ciel, et Chang-Ti plaça un ange pour en protéger l’accès. Plusieurs écrits classiques chinois mentionnent aussi le déluge et la migration depuis la région de Babel.
Chang-Ti habite le ciel où il reçoit près de lui ceux qui ont pratiqué la vertu sur la terre. Il tient entre ses mains les destinées du Monde et détermine la Loi. Il est omniscient et tous les hommes ont recours à Lui comme au dispensateur des récompenses ou des peines. Il ne doit pas être représenté sous forme d’une idole. Mais, la relation avec Lui passe par des sacrifices, à cause du péché. L’un des plus anciens récits sur ce Sacrifice dit  « de la Frontière » (Border Sacrifice) se trouve dans le Shu Jing (Livre d’Histoire), qui aurait été compilé par Confucius.  Il y est écrit que l’Empereur Shun (qui régna de 2256 à 2205 avant l’ère ordinaire environ, lors de la première dynastie connue)  sacrifiait à Chang-Ti . Il reste encore à Pékin le Temple du Ciel vieux de 450 ans où, jusqu’en 1911, les empereurs y sacrifiaient annuellement un taureau sur l’Autel du Ciel.
Le problème  est que l’Empereur, se considérant comme le Fils du Ciel, s’arrogea le monopole exclusif de l’adoration de Chang-Ti,  devenant le seul médiateur entre Lui et le peuple. Ce privilège eut pour effet de détourner le peuple du Dieu créateur.  Pour combler le vide, le peuple se tourna alors vers d’autres dieux, et la Chine foisonna de dieux divers et variés.
Plusieurs sites,chrétiensessentiellement, nous éclairent: Au temps de la dynastie Tcheou, entre 1066 et 770 av. JC, l’empereur était la seule personne considérée comme digne d’offrir ce sacrifice à Chang-Ti et, l’adoration de Chang-Ti fut remplacée par celle du Ciel,  plus impersonnelle;  la classe dirigeante ayant décidé que le peuple ordinaire n’était pas digne d’adorer Chang-Ti. Les Empereurs se regardaient déjà comme issus d’ancêtres divinisés, qui servaient d’intermédiaires avec Chang-Ti. Les Tcheou avaient détrôné les Chang sur la base du Mandat du Ciel et se considéraient comme Fils du Ciel. Ils s’arrogèrent le monopole exclusif de l’adoration de Chang-Ti, se posant comme seuls médiateurs entre Lui et le peuple. Ce monopole eut pour effet de détourner le peuple du Dieu créateur, et, pour combler son vide spirituel, le peuple se tourna alors vers d’autres dieux, et une grande période de désordre commença.
S’implantèrent alors le Confucianisme, le Taoïsme et le Bouddhisme. Le Confucianisme, humanisme moraliste s’appuyait sur Chang-Ti,  tout en réservant son culte à l’empereur et en le remplaçant par le culte des ancêtres. Le Taoïsme fut une réaction à ce Confucianisme, promu par la classe dirigeante, et proposait un mélange de magie, de philosophie et de formules mystiques. Le Bouddhisme fut importé avec difficultés de Thaïlande aux 1er et 2nd siècles de notre ère.
En Corée on observe le même phénomène avec le culte de Hananim(Maître du Ciel), qui a ensuite été mixé avec du Chamanisme, puis au 4ème siècle de notre ère, avec du Taoïsme, du Bouddhisme et du Confucianisme.  Il est amusant de constater que Hananim en hébreu est le pluriel de Hanan, qui signifie « nuages » .

Pendant que L’Empereur offrait le sacrifice à Chang-Ti, ou, Zhandaï-Shaddaï, des chanteurs accompagnés de musiciens chantaient : « Toi, ô Créateur de l’univers, ton serviteur  t’honore et te révère. Je ne suis qu’un roseau, un saule. Mon cœur n’est qu’une fourmi, et pourtant j’ai  reçu ton décret céleste me nommant au gouvernement de l’empire. Je suis profondément conscient de mon ignorance et suis indigne des tes grandes faveurs. C’est pourquoi, j’observe les règles et les statuts, en m’efforçant, insignifiant que je suis, d’être fidèle à mon devoir.  Ici bas, je lève les yeux vers Ton palais céleste. Je m’incline respectueusement à la terre, en attendant ton abondante grâce. Daigne accepter nos offrandes, toi dont la bonté est inépuisable »
Plus loin, adressé au Créateur du monde : « Au tout début, il y avait le grand chaos, sans forme et sombre. Les cinq planètes n’avaient pas encore commencé à tourner, ni le soleil et la lune de briller. Toi, ô Souverain de l’univers, tu as d’abord séparé les parties grossières de la plus pure. Tu as  fait le ciel,  tu as fait la terre tu as fait l’homme; toutes les choses avec leur pouvoir de reproduction.
Curieuse similitude avec le texte de la Genèse :  « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était sans forme et vide, et l’obscurité couvrait la face de l’abime… Et dieu dit que les eaux se rassemblent en un seul lieu et que le sol apparaisse et il en fut ainsi Et Dieu appela le sol sec, Terre, et le rassemblement des eaux, il les nomma Mers. Et Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit et Il   fit aussi les étoiles ».
Ce qui est particulièrement curieux c’est que le texte chinois sur lechaos original reprend le le texte des commentateurs juifs « informe et vide ».
Une des composantes qui plaident en faveur d’une troublante proximité entre le récit de la Genèse par les Chinois, et la Genèse telle qu’elle est décrite dans la Torah, réside dans  les idéogrammes primitifs chinois. Les exemples ci dessous mettent en relation l’arbre ou les arbres (du jardin d’Eden ?)  et la bouche, la femme, la clôture (ou le jardin) et le serpent.
femme arbre désir  1La femme associée à l’arbre est synonyme de désir (defendu). En dehors d’un contexte biblique cette association n’aurait aucun sens.  bouche arbre restreindre La bouche qui mange l’arbre ou de l’arbre ne devrait pas le faire ou tout du moins s’empêcher de le faire. Là encore quel mal y a t-il à manger le fruit de l’arbre ? De l’arbre défendu, certainement!  serpent arbre no 1
Quand on fait intervenir le serpent et qu’on l’associe avec un arbre ou deux arbres, on obtient, « non , négatif mauvais ». Cela ne vous rappelle rien ? arbre cloture 1Un arbre entouré d’une clôture devrait être une chose positive. Et pourtant,  l’association arbre + clôture (ou jardin clos) a une connotation négative. Troubles, difficulté, nous dit cet idéogramme ancien. N’y aurait-il pas une allusion au Jardin d’Eden après l’expulsion de l’homme qui a fauté et dont l’accès est hermétiquement fermé et gardé
nueQuand il s’agit décrire la nudité, les Chinois anciens alignaient les idéogrammes qui désignaient: Femme + arbre + jardin clos enfermant un arbre. Mais que diantre viennent  faire un arbre et un jardin quand il s’agit de désigner une femme à poil. Ne serait-ce pas, comme nous le dit la Torah:  après que la femme, puis l’homme, entraîné par sa compagne,  gouttèrent du fruit de l’arbre qui permet de distinguer le bien du mal :  » Leurs yeux se dessillèrent et ils surent qu’ils étaient nus ». Bizarre, non ?
boatAllons plus loin et rendons-nous  à la section de Noé. Il est écrit dans la deuxième paracha du Livre de la Genèse que Noé fit grimper sur l’arche, outre les animaux, sa femme, ses trois fils et ses belles filles. En comptant bien, cela fait 8 personnes. Les matériaux ainsi que l’architecture  de l’Arche est dicté à Noé par Dieu, qui fait ainsi œuvre d’Ingénieur naval : « fais toi une de bois de Gophér, tu distribueras cette arche en cellules et tu l’enduiras…. De poix… etc ..  (Gen VI 13). Noé n’invente rien, il ne fait qu’obéir à la parole divine.
Voyons maintenant comment les anciens chinois orthographiaient un bateau, 船 (j’ai vérifié les idéogrammes  sur Google traduction).   En décomposant ce mot selon différents idéogrammes qui le composent, on obtient successivement Bouche + Huit + petit bateau. Que vient faire le chiffre 8 et le mot bouche dans la construction/description d’un bateau ? Rien, à moins que les Chinois ne savaient que le premier bateau jamais construit par l’homme fut fait selon les indications fournies par la parole /bouche divine et, que ses occupants étaient au nombre  de HUIT.
towerLa seconde partie de la Section Noé traite de la Tour de Babel. Vous savez, cette tour construite de briques, qui devait atteindre le ciel et, où l’on ne parlait qu’une seule langue. La crainte, du moins officielle, de ses batisseurs était de se voir disperser sur la toute la surface de la terre. La peine infligée par l’Eternel fut à la mesure de l’angoisse des batisseurs. D. détruisit la tour , dispersa effectivement les hommes sur toute la surface de la terre et confondit leur langues.  « de sorte que l’un n’entende pas le langage de l’autre ». Et il en fut ainsi.
La langue originelle, selon la tradition juive, est bien entendu, l’hébreu qui éclata en autant de langues qu’il y eut de peuples, mais, la tradition de la Tour de Babel se conserva. Quand les Chinois veulent écrire « Tour », ils combinent les idéogrammes : Herbe + Argile + Humanité  + 1 + Bouche. L’argile  et l’herbe sont destinés à construire les briques, qui serviront à bâtir une seule tour, pour toute l’humanité, regroupée dans le même Gratte-Ciel, qui communique à travers une seule langue.
Si mon explication ne vous convient pas, tachez de m’en trouver une meilleure et surtout, de m’expliquer le lien qui peut exister entre  la bouche, le chiffre 1 et le genre humain, d’une part une tour de l’autre.
Ces références linguistiques insistantes au Livre de la Genèse associées aux anciens récits sur le « Sacrifice de la Frontière » qui nous racontent une création du monde semblables au récit du Livre de la Genèse, sont troublantes. Aussi troublantes que les parallèles entre les Entretiens de Confucius et le Pirquéi Avot. Et ce qui est le plus troublant, à mon sens , c’est le silence de Confucius sur tous ces sujets.
Revenons un peu sur l’ascendance de Confucius. Son père, Shu Liangétait le descendant d’un dénommé Yi Yin, Premier ministre de Cheng Tang,  fondateur de la dynastie Shang, qui régna en Chine de -1767 à -1122. Or nous avons vu plus haut que les premières dynasties chinoises et ce, depuis la nuit des temps, avaient pour coutume de sacrifier un taureau sur l’autel, selon le rythe du sacrifice des frontières. Confucius qui ne cesse dans ses écrits de se référer aux premiers Empereurs, envers qui il manifeste une adoration et une admiration sans bornes, était donc, ne serait-ce que par sa filiation à Yi Yin, le mieux placé pour connaitre ce que je vous ai cité plus haut. Or, il n’en parle pas. Quand ses élèves viennent l’interroger sur les choses d’en haut, il se contente de balayer leurs questions d’un revers de main en leur disant qu’ils feraient mieux de s’intéresser aux choses d’ici bas. Pourquoi ? Daï lé Hayom, assez pour aujourd’hui, la réponse, B.H, dans un prochain article

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