dimanche 15 avril 2012

La Terre promise pour les Juifs …. en Chine; dans la province de Yunnan plus précisément


Dans son livre paru en  1298,  « Le Devisement du monde », (connu aussi sous le nom de  livre des merveilles) , un des premiers ouvrages à être écrits en langue vulgaire, Marco Polo fait état d’une présence juive en Chine depuis au moins le VIIe siècle.
Tribus perdues d’Israël, émissaires du Roi Salomon en quête de matériaux précieux pour la construction du Temple: les légendes abondent à propos de leurs origines ; aucune n’a pu être prouvée.
La plus connue de ces communautés est celle de Kaifeng, sans doute parce que c’est celle qui a duré le plus longtemps dans l’Histoire. On admet généralement  que les Juifs de Kaifeng seraient arrivés en par la route de la soie, venant de Perse ou d’Inde et  en passant par l’Afghanistan. Ils se seraient alors installés à Kaifeng, capitale de la dynastie Song  qui régnait alors sur l’Empire du milieu. Ils vécurent dans l’isolement le plus total, cultivant un judaïsme particulier, hors de l’influence des Rabbins d’Occident et fortement empreint de Confucianisme.  Au XVIe siècle d’ailleurs, un des membres de la Communauté de Kaifeng, n’ayant jamais entendu parler du Christianisme, entra en contact avec le père jésuite Matteo Ricci qu’il prenait pour un coreligionnaire; ayant cru que la Vierge à l’enfant représentait Rebecca portant Jacob,  et lui proposa le plus sérieusement du monde de devenir le rabbin de leur synagogue. Grâce à Ricci L’Occident découvre l’existence de Juifs en Chine.  Après la destruction de leur dernière synagogue en 1850, la communauté juive chinoise de Kaïfeng  se délite et disparait en tant que communauté organisée. Certains  ont entrepris d’émigrer vers Israël, dans le cadre de la Loi du Retour.
En 1906, des Juifs russes qui fuyaient les troubles intérieurs en Russie s’installent  à Harbin en Mandchourie puis émigrent vers Shanghai  à l’arrivée des Japonais. Dès 1933, commencent à arriver à Shanghai  des réfugiés juifs allemands inquiets par le Nazisme ; en 1939, ils seront 15 000. En1940, grâce à l’aide du consul japonais Suhigara qui délivra des visas à tout va, quelques 6 000 juifs polonais installés en Lituanie peuvent partir à leur tour; dont la fameuse Yéshiva de Mir, Rabbins et étudiants, qui traversa  le territoire soviétique par le Transsibérien. Un ghetto sera mis en place en 1943 par les japonais ; il comptera 30.000 juifs.
Pourquoi la Chine et pourquoi  Shanghai ? Tout simplement parce que, avant et  pendant la seconde guerre mondiale la Chine fut le seul pays au monde qui accepta les juifs sans numerus clausus, ni visa et, parce que, port franc, les réfugiés pouvaient arriver à Shanghai soit par terre soit par mer ; quelques-uns partirent de Marseille par la ligne maritime pour l’Indochine encore libre.
La plupart de juifs qui arrivent avant et pendant la guerre à Shanghai ont tout perdu dans leurs tribulations, consacrant le peu biens qu’ils ont pu sortir d’Allemagne à financer leur voyage. Les Chinois voient débarquer dans leur ville d’étranges individus qui ne pouvant pratiquer leur profession, étaient réduits à exercer  des métiers manuels qui jusque là étaient réservés aux Chinois. Croyez-vous que leur attitude vis-à-vis de ces pauvres bougres qui venaient les concurrencer sur leur terrain professionnel fut hostile ? Que nenni, les Chinois accueillirent les Juifs bésévér panim yafot, soit avec gentillesse et compréhension, et des liens forts se nouèrent entre les autochtones et les réfugiés.  Les Chinois furent d’ailleurs subjugués par les facultés d’adaptation de ces Juifs. De nombreux témoignages, notamment d’enfants juifs, qui quitteront  après la guerre la Chine, pour  Israël ou les Etats-Unis,  montrent qu’ils passèrent les plus belles années de leur vie à Shanghai. Ehoud Olmert est parmi ceux là.
Le summum de cette  cohabitation est le plan concocté par le Président du Gouvernement national de la province du Yunnan, Yun, qui propose aux Juifs de s’installer dans sa province.  La province du Yunnan est peu peuplée, les terres y sont  fertiles, les Juifs rassemblés à Shanghai, sont  riches en connaissances, industrieux et habiles ; la province de Yunnan, et, par delà toute la Chine,  n’aura qu’à gagner de  leur présence industrieuse. Au même moment deux juifs influents Jakob Berglas et Maurice William présentent un plan au gouvernement des Etats-Unis pour transplanter les juifs d’Europe centrale vers la Chine.  Et en fait l’initiative tombe à l’eau par la faute des Japonais.
On peut conjecturer jusqu’à l’infini sur ce qui aurait pu se passer si  les Juifs étaient venus en nombre s’installer en Chine. Quoiqu’il en soit en 1949, avec l’arrivée au pouvoir de Mao Tse Toung, les derniers juifs quittent Shanghai. Il faut attendre 1992 pour que des relations diplomatiques puissent se rétablir en la Chine et Shanghai.
L’épisode shanghaïen et la tentative, non aboutie, d’installer une large colonie juive dans le sud de la Chine est non seulement un épisode peu connu de la Seconde guerre mondiale mais riche de sens quant aux relations qui peuvent s’établir entre Juifs et Gentils lorsque ces derniers n’ont pas d’apriori vis-à-vis des Juifs.
Pour la première fois de leur histoire des juifs arrivent dans un pays qui n’a jamais entendu parler d’eux. Ils sont dépourvus de ce qui les a toujours caractérisés – à tort – et  stigmatisés jusqu’alors, à savoir, la richesse. Ils ont beau, pour certains avoir des titres universitaires, ils n’ont pas la possibilité d’exercer leur métier. Alors ils font comme les autochtones et embrassent les mille et un métiers qui se pratiquent dans la rue chinoise : cordonniers, livreurs, couturiers, réparateurs de produits usés jusqu’à la corde, afin pour qu’ils puissent servir  encore quelque peu. Les Chinois observent ces longs nés et les trouvent industrieux et pas fainéants, amicaux et pas arrogants pour un sou. La rue chinoise se réorganise ; chinois et juifs se partagent le travail ; il y en a pour tout le monde et puis il y a plus de bouches à nourrir qu’auparavant. Les enfants aux cheveux blonds et les chinois aux yeux bridés jouent ensemble dans les terrains vagues et slaloment à travers les échoppes. Les témoignages de juifs qui ont passé leur enfance à Shanghai sont unanimes : ce furent les plus beaux jours de leur vie. Pas de cloisonnement, peu de bagarres. Tout le monde est pauvre, alors c’est tellement plus facile de jouer ensemble. Il n’y a personne à jalouser, rien à voler ; Seulement des enfants qui s’amusent et des adultes qui peinent pour les nourrir et les vêtir.
Pour la première et sans doute la dernière  de son histoire, les Juifs sont propulsés dans un milieu qui ne nourrissait  aucun préjugé à leur égard. En cela la culture chinoise, largement baignée d’humanisme confucianiste (avant que le Communisme, suivi du Matérialisme importé d’Occident, ne vienne  la perturber), se distingue de l’Islam et du Christianisme, qui n’ont su inventer  leur identité que par rapport et contre le Judaïsme.
Pour les Chrétiens depuis deux mille ans, les Juifs ont perdu leur specificité de « Peuple élu » qui a proprement  transmigré vers les Nouveaux Croyants qui se réclament de la nouvelle Alliance.  Ayant perdu leur Temple, leur terre et leur autonomie politique;  et par voie de conséquence leur statut électif; ils auraient même perdu leur âme. Ils auraient bien eu une chance de racheter leur droit au monde présent et au monde futur en reconnaissant le Sauveur, mais pour des raisons obscures et malgré toutes les preuves que leur apporte la nouvelle Eglise, ils refusent d’admettre que le Juif de Nazareth possède les attributs du Machia’h tels qu’ils se l’imaginent et le décrivent. Peuple à la nuque raide, têtus, arrogants et manipulés par leurs Rabbins qui prétendent détenir la vraie vérité, telle qu’elle aurait été dictée au Mont Sinaï à un certain Moïse, puis retransmise de génération en génération (comme il est rappelé dans les Pirqéi Avot, si proches, nous l’avons vu, des écrits confucéens), ils se placent hors la Loi nouvelle,  telle qu’elle est consignée dans le Nouveau Testament.  Quel  Testament d’ailleurs disent les juifs, personne n’est mort, et surtout pas le dieu de leurs pères qui a promis des choses bien précises et intemporelles aux trois Patriarches qui se réaliseront pour leurs descendants un de ces jours ? Quand, cela n’a pas trop d’importance ? Quand le moment sera venu de faire correspondre l’Alliance conclue avec Abraham, Isaac et Jacob avec les réalités temporelles et quand un authentique descendant du roi David correspondra point par point avec le Messie tant attendu et qui ne ressemble en aucune façon avec le Messie-Homme-Dieu des Chrétiens, arrivera.
Dans la Haggadah de Pessa’h,  un désaccord survient entre Rabbi  Tarfon et Rabbi Aqiva.  Rabbi Tarfon soutien que l’objectif unique de laHaggada, du Récit que l’on fait à Pessa’h pour rappeler la sortie d’Egypte,  consiste seulement à se à se rappeler la délivrance de l’esclavage, et à en remercier D.   Rabbi Aqiva ne partage pas cet avis et soutient que la finalité de la délivrance de l’esclavage égyptien est de conduire le Peuple juif à croire en la Délivrance finale qui se matérialisera par la reconstruction du Temple, le renouveau des sacrifices et bien entendu la venue du Messie fils de David ; le récit de la sortie d’Egypte n’est qu’un moyen, un levier pour raviver l’attente de la délivrance finale. La Halahkha (la Loi juive) d’ailleurs a été fixée selon Rabbi Aquiva. Le peuple Juif,  depuis deux mille ans, sent confusément comme Rabbi Aquiva que sa trajectoire le conduira, quelles que soient les péripéties, vers Jérusalem ; La Haggadah ne s’achève t-elle pas par la récitation à trois reprises de la phrase « l’année prochaine dans la Jérusalem reconstruite ».
Cette vision est intolérable pour l’Eglise chrétienne naissante et le sera plus tard tout autant par les excroissances et branches diverses qui naitront d’elle. Alors, deux mille ans de tourments commencent pour le peuple Juif. L’Eglise n’aura de cesse, non pas d’anéantir systématiquement le peuple juif  – quelque fois il peut être utile – mais de le transformer en curiosité historique, en survivance saugrenue et caricaturale d’un passé qui a certes existé mais, pour mieux démontrer son obsolescence. Doctrine dépassée, Peuple périmé, sa survie ne présente que l’intérêt de démontrer la justesse de la Nouvelle Alliance conclue par dieu avec son Nouvel élu et ceux qui se réclament de lui.
Deux mille ans d’efforts à caricaturier pour mieux s’approprier l’original ont eu l’effet inverse à celui escompté : Ils ont abouti à rendre exsangue l’Eglise si dominatrice et sure de soi des origines. La meilleure preuve est que ce sont aujourd’hui les Eglises chrétiennes qui soutiennent  le juste droit des Juifs à leur terre et à leur foi  – avec quelques arrières pensées, il est vrai  - qui occupent  le haut du pavé. La quasi disparition des Chrétiens du Moyen-Orient qui, bien évidemment, s’explique  par d’autres facteurs objectifs, est une preuve supplémentaire que la Nouvelle Alliance ne correspond pas du tout à la nouvelle donne géopolitique biblique, où l’Israël moderne commence à se mettre singulièrement en phase avec les promesses faites à Abraham, Isaak et Jacob.
Et pourtant, que d’efforts ont été dépensés à tourmenter, ridiculiser,  marginaliser le peuple juif. Ils n’ont d’égal qu’aux efforts fournis à s’approprier, tout en le déformant  et en triturant jusqu’à la caricature, l’Ancien Testament,  le Talmud et les commentaires des Sages pour les faire correspondre au Nouveau dogme.
L’Islam procède de la même démarche que le Christianisme ; à savoir que les juifs ont failli, qu’ils se sont trompés, n’ont pas reconnu à leur juste valeur des personnages considérables, tels que Jésus et Mahomet, apparus après que le canon biblique se soit constitué depuis des lustres. Les Juifs ont perdu l’Alliance conclue par Allah avec les Hébreux au Mont Sinaï, et de ce fait, ont mérité ce qui leur est arrivé dans le passé, et aujourd’hui, ils ne méritent pas grand chose. La meilleure preuve, tout le monde s’y met pour leur contester le droit sur Jérusalem, le droit de construire des crèches sur les Territoires qui ne leurs appartiennent pas. Les plus extrémistes sont partisans de les rayer physiquement de la carte et même de l’Histoire du temps.
Un livre récent « Une lecture juive du Coran », écrit par le Rabbin Haïm Bar-Zeev nous rappelle l’existence en fait de deux Corans; le premier, conçu à Médine, n’est, sommes toutes, qu’une tentative maladroite de Mahomet, sous l’influence vraisemblablement d’un maître à penser juif, d’inciter les habitants arabes de la cité et de ses environs d’épouser la religion de Moïse, allant jusqu’à se prosterner en direction de Jérusalem à l’heure de la prière. Cette tentative se heurte à l’hostilité des riches et des puissants de la ville qui se moquent de lui et lui signifient une fin de non recevoir.
Ce « premier Coran » ne tarit pas d’éloges sur les Juifs, leur foi, leurs lois et leurs prophètes. Mahomet s’enfuit à la Mecque et là, il change de tuteur. Son nouveau maître à penser serait un chrétien ou un juif converti au christianisme. Jésus devient alors un personnage central dans le nouveau Panthéon que s’est forgé Mahomet, mais bien vite, il se rend compte que les Juifs de la Mecque n’ont pas plus envie de le reconnaître en tant que prophète qu’ils n’ont l’intention d’attribuer le moindre statut, divin, messianique ou autre, à Jésus. Ils deviennent donc, pour Mahomet, des mécréants qui ont  trahi l’Alliance avec D.,  donc, ils n’en sont plus dignes, et, par conséquent, l’Alliance passe de main, et désormais s’applique aux nouveaux « soumis », musulmans  à la volonté divine, qui ne sont autres que les frères arabes de Mahomet qui entendront, écouteront son message et lui attribueront le statut du dernier prophète; celui qui a su mettre la touche finale aux enseignements qui l’ont précédé, y compris bien entendu, à celui de Jésus. Les Juifs sont désormais des Infidèles, et il est bon de les spolier, de débusquer derrière chaque pierre et chaque arbre » et, enfin, d’éradiquer. Le Coran de La Mecque (Bar-Zeev n’est pas le seul chercheur, loin de là, à identifier deux Corans) se juxtapose à celui de Médine, mais, dans une large mesure affaiblit ses enseignements, du moins en ce qui concerne la perception du Juif. Celui ci, comme d’ailleurs le déclare la Nouvelle Alliance des Chrétiens, que l’on traduit improprement par Nouveau Testament, n’est plus digne de Son Alliance, donc s’en voit dessaisi. Mahomet complète ainsi le travail de Saül de Tarse, dit Saint Paul.
Abdelkader Amlou, écrivain et poète marocain, nous livre une curieuse mais intéressante statistique: sur les 6258 versets coraniques 670 versets, soit plus de 10 %, nous racontent l’histoire des Fils d’Israël. Ces versets sont dispersés dans près de 26 sourates sur 114 soit 23 % du Coran.
La plupart de ces versets peuvent être qualifiés de « sionistes »,dans la mesure où ils retracent l’histoire d’Israël selon un plan divin bien défini: l’entrée de Jacob et ses fils en Egypte, la naissance de la nation avec Moïse, la fondation du royaume et le règne de David et Salomon. Mieux encore, ces versets insistent sur la nécessité pour lesBnei Israël de prendre possession, sans faiblir, de la terre qui leur a été promis par dieu-Allah  (Sourates 20 et 21) : « Souvenez-vous lorsque Moïse dit à son peuple : O, mon peuple, rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous, lorsqu’il a désigné parmi vous des prophètes. Et Il a fait de vous des rois. Et Il vous a donné ce qu’il n’avait donné à nul autre aux mondes. O, mon peuple, entrez dans la terre sainte qu’Allah vous prescrite. Et ne revenez point sur vos pas [en refusant de combattre] car vous retourneriez perdants « .
Qui plus est, les versets qui se rapportent à la promesse d’accorder la terre aux fils de Jacob-Israël n’est pas circonscrite dans le temps ni limitée à des situations spécifiques. Le Coran abonde en rappels des conquêtes des terres saintes par les Fils d’Israël, l’établissement du royaume par David et la construction du Temple par Salomon. Monsieur Amlou en déduit que les musulmans devraient adopter une attitude plus conforme au texte littéral du Coran et réviser leur attitude haineuse vis à vis d’Israël. Halevaï (pourvu que), comme on dit chez nous, mais les choses ne sont pas aussi simples.
Selon Amlou, le Coran fait un distinguo assez clair entre les Benou-Israel (Fils d’Israël) et les Yahoud, juifs, descendants du royaume de Yéhouda, qui, pour bon nombre d’entre eux, étaient venus s’installer ou vivaient depuis toujours dans la péninsule arabique. Pour faire simple, lorsqu’il s’agit de retracer une vérité historique incontestable, le Coran utilise le terme de Bné-Israël et, lorsque cela devient religieux, culturel, politique, bref conflictuel, c’est le mot Yahoud qui est employé.Les Bnéi-Israël historiques, descendants de Jacob-Yaâcob ont droit à tous les égards, les  Yahoud, c’est une autre affaire, il faut les débusquer derrière chaque pierre et chaque arbre et les combattre sans relâche.
Un autre problème qui a surgi dès le VI siècle, c’est la non reconnaissance par Mahomet et ses continuateurs du Talmud. Les Musulmans acceptent et reconnaissent la Torah écrite, tout en la réécrivant à leur sauce, mais rejettent le Talmud qui réglemente le cadre de la vie juive. C’est le Talmud en effet qui crée la distance entre  l’environnement arabe tribal et les Yahoud qui se conforment aux enseignements du Talmud dans leur vie religieuse et profane. Pour les nouveaux musulmans, les choses sont claires: d’un côté la parole d’Allah retranscrite dans la Torah et de l’autre la parole des hommes, le Talmud, qui pour eux est un vaste champ de polémiques où aucun rabbin n’est d’accord avec l’autre.
De nos jours, la position du Coran est clair : Quand le Fata’h, invite sur la scène le Grand Mufti de Jérusalem,  il brosse très clairement le tableau : « Notre guerre avec les descendants des singes et des porcs  (lire, les Juifs), est une guerre de religion et de Foi ; et le chef spirituel du Fatah  de dérouler derrière les passages du Coran qui attestent de cette vérité. Comme l’avait ordonné le prophète Mahomet, en gage de la Rédemption Finale , le Mufti  lance un appel au meurtre des juifs en prenant appui sur une Hadit du Coran désignant les juifs  comme descendants de singes et de porcs qu’il faut débusquer derrière chaque arbre et chaque pierre et exterminer. Quand Netanyahou s’émeut de cette déclaration, le Mufti s’en étonne et rétorque qu’il n’a aucunement prononcé  d’appel au meurtre, mais s’est contenté de citer ses sources ; à savoir le Coran. C’est son droit et même son devoir en tant que Religieux, en charge de la transmission des Textes sacrés et de la parole du Prophète. Et, peut être, est-il même sincère : quel mal y a-t-il à citer les sources coraniques qui doivent sous-tendre la politique menée par le Fata’h, dont il est le garant de l’orthodoxie religieuse ?
Le problème avec l’islam c’est qu’il n’y a qu’un pas pour passer de l’orthodoxie à l’orthopraxie, notamment dans le domaine géopolitique. Le Prophète a dit qu’il faut débusquer les juifs derrière chaque arbre et chaque pierre et les exterminer ; alors cela signifie qu’il faut passer immédiatement à l’action. Cela n’est pas toujours possible, parce que les Juifs se cachent ou se défendent. Peu importe, ce qui est valable aujourd’hui le sera aussi demain. En attendant le jour béni où l’orthopraxie se mettra en phase avec  l’orthodoxie coranique, on patiente,  et surtout on tergiverse pour donner le change, à l’ennemi et à l’opinion publique internationale.
Il est vrai que la tradition juive prend également par moments des allures de géopolitique, biblique, par définition. Ainsi, nous dit Rashi dans son tout premier commentaire sur la Torah, sur le mot Bereshith, improprement traduit par « Au Commencement » : « Ainsi, si les nations du monde (L’ONU, par exemple) viennent à dire à Israël : « Vous êtes des voleurs, vous avez conquis les terres des sept nations (lire des cananéens ou crypto Palestiniens), on pourra leur répondre : toute la terre appartient au Saint béni soit-Il. C’est Lui qui l’a créée et Il l’a donnée à qui bon lui a semblé. C’est par Sa volonté qu’Il les a données à ces peuples, et c’est par Sa volonté qu’Il les leur a reprise et qu’Il nous les a données «  et de rajouter : Le monde a été créé pour la Tora qui est appelée « le “commencement” de Sa voie » et pour Israël qui est appelé « le “commencement” de Sa moisson ».
Je suis donc en droit de croire que la Terre d’Israël qui a été confiée provisoirement aux Cananéens, pendant que les Juifs étaient en exil, revient de droit aux enfants d’Israël, parce qu’il a été décidé ainsi  En Haut.  Les Musulmans ne partagent pas cet avis, donc la géopolitique biblique et islamique s’opposent sur un point crucial qui est : à qui revient la terre promise ?
La différence entre l’orthopraxie musulmane et l’orthopraxie juive, c’est que cette dernière est flexible parce qu’il y a autant d’orthodoxies qu’il y a de Juifs et que, par ailleurs la Torah ne demande pas d’exterminer les Sept Nations  – lire les habitants non juifs qui vivent en Eretz Israël, ni  ses voisins Arabes. Mais que faire contre la rigidité dogmatique du Coran qui, pour les Arabes doit nécessairement  se traduire, ici et maintenant,  en actes de violence meurtrière ? Entre Mahmoud Abbas qui tient un discours d’apaisement et le Mufti de Jérusalem qui appelle à exécuter le Coran –  et les Juifs – à la lettre, qui doit-on croire ?
Les Chrétiens et les Musulmans n’ont eu de cesse que de vouloir supplanter les Juifs dans les bonnes grâces du Seigneur et de démontrer à leurs ouailles qu’ils avaient raison d’agir ainsi;  lesChinois se moquent d’être le peuple élu, ils se contentent de se déclarer l’Empire du Milieu. Le background philosophico- religieux qui prédomine en Chine, contrairement aux pays chrétiens et musulmans est complètement neutre vis-à-vis des Juifs et du judaïsme. Ni Coran, ni Ancien Testament, pas de Messie auquel il faut croire, ni de Prophète qu’il faut suivre.
La Chine s’appelle traditionnellement Zhongguo, l’« Empire du Milieu », ou  Zhonghua, la « Lumière du Milieu ». Ce « Milieu » a certes  une acception cosmologique de centre de l’univers ;  mais aussi une acception morale : « l’Empire de la juste mesure ». Du comportement moyen, de la voie du milieu si chère à Maïmonide et à Confucius, duDerekh Erets.
Outre leur bonne volonté et leur force de travail,  Les Juifs apportent à Shanghai aussi leur dieu et leur Torah. Brouhkim Habaïm, soyez les bienvenus, disent les Chinois, vous et votre dieu et vos synagogues. D’ailleurs plus on est de dieux en Chine plus on rit, pensent-ils. Abondance de dieux ne nuit pas ; bien au contraire. Et puis les Juifs comme les Chinois ne font pas du prosélytisme. N’oublions jamais que les vaisseaux chinois ont parcouru les mers du globe bien avant Christophe Colomb. Qu’ils ont débarqué sur des terres étranges, comme celles  que l’on appellera plus tard « les Amériques » mais qu’ils n’ont tenté de convertir aucun bon ou mauvais sauvage. Et puis les vaisseaux sont rentrés au port, tranquilles, sans faire de bruit.
Ah qu’il était doux et agréable de vivre dans un pays où les habitants ne nourrissent pas à votre égard d’horribles à priori. En hébreu, on dirait Iné ma tov ou ma naïm Chévét Ah’im Gam Yahad (qu’il est bon et agréable que des frères soient assis ensemble). Pour la première, et la dernière fois de leur histoire, une poignée de juifs étaient venus s’installer, pour un laps de temps indéterminé, dans un pays qui n’avait jamais entendu parler d’eux. Et miracle on les apprécie, pour ce qu’ils sont tout simplement, pour leur manière courtoise de se comporter avec  ceux qui étaient là avant eux.
Cet épisode  ne pourra plus se reproduire parce que l’Etat d’Israël existe et que désormais la Chine connait bien et les Juifs et Israël et parce que la Chine est devenue une grande puissance mue essentiellement par des considérations économiques.   Son partis pris en faveur de l’Iran ne s’explique qu’ainsi.  Il n’empêche que la Chine (et quelques autres pays asiatiques telles que la Corée)  n’a pas les à priori idéologiques; religieux et antisémites  contre les Juifs qui dominent partout dans le monde.
Si les Musulmans et les Chrétiens, toutes mouvances confondues, y compris les agnostiques et les athées, représentent aujourd’hui plus de 50% de l’humanité, il ne faut pas oublier l’autre petite moitié des habitants de la planète. Cette moitié là ne considère pas Israël comme le petit Satan ; d’abord parce qu’ils ne croient pas au Satan  et aussi, parce qu’ils n’ont pas eu à inventer leur identité par rapport et contre le Judaïsme. Les jeunes israéliens qui, après leur service militaire, partent à la découverte du grand monde, ne s’y sont pas trompés ; leurs pas les entrainent vers l’Extrême-Orient mystérieux et exotique, où il y a peut-être quelque chose à découvrir.

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