mercredi 9 avril 2014

Pour la première fois depuis des siècles la communauté juive de Kaïfeng en Chine va célébrer Pessa’h


On connait depuis  plus de mille ans l’existence d’une communauté juive dans la ville de Kaïfeng. On admet généralement  que les Juifs de Kaifeng seraient arrivés par la route de la soie, venant de Perse ou d’Inde, en passant par l’Afghanistan. Ils se seraient alors installés à Kaïfeng, capitale de la dynastie Song  qui régnait alors sur l’Empire du milieu. Au temps de sa splendeur la communauté compta jusqu’à 5000 âmes avec une synagogue, un rabbi, des institutions juives et un cimetière. Ils vécurent dans l’isolement le plus total, cultivant un judaïsme particulier, hors de l’influence des Rabbins d’Occident et fortement empreint de Confucianisme.  Au XVIe siècle d’ailleurs, un des membres de la Communauté de Kaifeng, n’ayant jamais entendu parler du Christianisme, entra en contact avec le père jésuite Matteo Ricci qu’il prenait pour un coreligionnaire; ayant cru que la Vierge à l’enfant qui trônait dans le bureau du Père Jésuite représentait Rebecca portant Jacob,  et lui proposa le plus sérieusement du monde de devenir le rabbin de leur synagogue. Grâce à Ricci L’Occident découvre l’existence de Juifs en Chine.  Après la destruction de leur dernière synagogue en 1850, la communauté juive chinoise de Kaïfeng  se délite et disparaît en tant que communauté organisée.

Or voici que Tzuri  Heng  Shi,  un membre de la communauté qui est  officiellement retourné au Judaïsme et vit en Israël, revient  à Kaïfeng pour y célébrer le Sédér de Pessa’h. Ce n’est pas une mince affaire : des Aggadot  (récit de la sortie d’Egypte) en hébreu et en chinois, des Matsot (pain azyme) et toute la nourriture casher de Pessa’h ont été envoyées d’Israël  pour l’occasion. Le seder devrait attirer plus de 100 personnes de la communauté , selon Shavei Israël , une organisation qui travaille avec des groupes de «juifs cachés » de partout dans le monde et parraine l'événement.

Bien qu’au fil des temps, des conversions au Christianisme et à L’islam ont affaibli la communauté, des descendants de familles juives identifiables par leurs patronymes ont conservé une certaine identité et des coutumes  juives. Grâce au miracle de l’Internet - qui n'a été inventé que pour l’occasion - des membres de la communauté se sont enquis d’Israël et du judaïsme traditionnel, et voici que l’un des leurs qui a passé tout le processus de conversion traditionnel en Israël célèbrera le Sédér  en compagnie de plus de 100 Kaïfengais.


L’année prochaine à Jérusalem, quoiqu’une communauté juive organisée en Chine aura son rôle à jouer.  Merci à Gaby qui m’a signalé cet article sur ce qu'il appelle les « Confujews », connaissant mon intérêt pour les similitudes entre Confucianisme et Judaïsme.

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