jeudi 20 novembre 2014

Savoir faire la différence entre les ennemis et les haïsseurs d’Israël, peut être utile

La tradition juive fait un distinguo entre "nos haïsseurs" ou "ceux qui nous détestent", soit  שונאינו et "nos ennemis", אויבינו.  Le peuple juif soumis à tant de "désagréments" tout au long de son histoire et qui continue à l’être, malgré, ou à cause de la création de l’Etat d’Israël,  ne peut pas se permettre le luxe de confondre les deux catégories, il y va de sa survie. De nombreuses discussions rabbiniques ont traité de cette différence entre haïsseurs et ennemis. Les rabbins ne sont pas tous d’accord entre eux mais, essayons de comprendre.

Le Maharal de Prague (Rabbi Yeouda Loew ben Bezalel ) apporte une explication intéressante qui commence évidemment par une question: pourquoi Ismaël, lire l’Islam n’est pas comptabilisé parmi les quatre royaumes qui ont exilé et asservi les Hébreux, sachant que la classification classique des quatre royaumes, tirée du Livre de Daniel, est : Babylone, Perse,  Grèce et Rome ? Il nous explique que ce qui caractérise ces quatre royaumes, c’est l’annulation de la royauté, c’est-à-dire  de  de l’autonomie politique  des Hébreux sur leur terre, d’où la nécessité de les exiler, mais surtout, l’opposition à la royauté divine, soit au dieu des Juifs, le Dieu Un.  Les Babyloniens, Perses, Grecs (du temps de leur splendeur), Rome triomphante puis chrétienne, avaient leurs propres divinités situées aux antipodes du dieu d’Israël, qu’il fallait gommer, affaiblir et faire oublier, d’où la nécessité de raser jusqu’aux fondations le Temple de Jérusalem, souvenir de la royauté divine  et ce qu’il contenait .   Or, Ismaël ne peut être classé dans cette catégorie car il ne conteste nullement la royauté divine: Allah est le plus grand, Allah ou Akbar mais,  au contraire prétend agir au nom de cette même royauté céleste. L’Islam descendant d’Ismaël, l’homme sauvage (péré Adam),  se permet de commettre les pires atrocités, se disant mandaté par son dieu. La Maharal de Prague classe de ce fait Ismaël, qui ne répond qu’à une des deux conditions, dans le Royaume perse dont l’ambition fut et demeure de se propager à travers le monde entier. Ce classement d’Ismaël dans le royaume perse, qui a précédé Edom, soit Rome,  est problématique.

D’autres commentateurs, tels qu’Abraham Ibn Ezra (qui vécut à Tolède au XI/XII e siècle),  nous disent qu’en fait la quatrième et dernière bête qu’évoque Daniel dans son rêve, soit le dernier Empire à asservir Israël  n’est autre qu’Ismaël. Il s’agit, nous décrit Daniel dans son songe, d’une bête plus terrifiante que les trois précédentes, aux puissants dents de fer, aux griffes d’airain, qui porte dix cornes sur sa tête; l’une des cornes arrachant trois cornes précédentes et s’élevant au-dessus des autres ;  à préciser que cette corne avait aussi une bouche qui parlait avec arrogance. Na’hmanide, le Ramban,  la grande autorité rabbinique qui vécut un siècle après Ibn Ezra conteste cette analyse, qui s’expliquerait par la frayeur qu’infligent les Mahométans à Ibn Ezra et à ses contemporains et se range à l’opinion la plus répandue selon laquelle la dernière royauté Edom n’est pas Ismaël mais bien Rome.

Cependant une lecture attentive des songes de Daniel peut laisser entendre que la dernière bête est en quelque sorte bicéphale comme si elle représentait à la fois Esaü et Ismaël.  La dernière royauté ne serait-elle pas Rome et Ismaël à la fois?

Abraham, père d’Isaak et d’Ismaël se voit bénir ainsi : que ta postérité hérite de ses ennemis,  alors que Rebecca, mère de Yaakov et Esaü  se voit prédire "que ta postérité hérite de ses haïsseurs". Sachant que ce sont Isaak et Yaakov qui représentent la postérité légitime  des Patriarches, c’est  Ismaël qui doit être considéré comme l’ennemi  et Esaü qui représente les haïsseurs.   Il s’agit de la postérité,  donc de la suite des générations. Ce sont les descendants d’Ismaël qui se comportent comme les ennemis d’Israël et non Ismaël lui-même.

Rabbi Shimon bar Yoh’aï tend à clore le débat en disant qu’il est connu et accepté que le haïsseurs d’Israël sont bien les descendants d'Esaü, lire de  Rome, et que de ce fait l’ennemi ne peuvent être que les descendants d’Ismaël.

D’autres commentateurs expliquent le distinguo en  disant  qu’en fait Esaü ou ses descendants sont capables ponctuellement de miséricorde envers Israël, alors que les peuples issus d’Ismaël sont  et resteront  à jamais des ennemis jurés des Hébreux.

Cette thèse se confirme tous les jours. L’Occident hait Israël, lire l’Etat hébreu, et déteste copieusement les Juifs de la Diaspora. L’antisémitisme sourd de tous ses pores ; il est inutile d’apporter des exemples. Les raisons, si raisons il y-a, diffèrent selon qu’il  s’agisse de la Droite ou de la Gauche, démocrate ou crypto communiste.  Quant aux ennemis, il ne faut pas chercher bien loin et être un savant talmudiste pour les désigner.


Le seul problème c’est que les Démocraties lâches, molles et permissives avec l'Islam, ne veulent pas voir que les ennemis d’Israël sont tout autant les siens, cela se confirme tous les jours. Nos sages d’ailleurs sont unanimes pour déclarer qu’Ismaël déclarera d’abord une guerre victorieuse à Esaü/Edom/Rome/Washington,  avant de livrer la bataille finale contre Israël, où, soyez rassuré, il sera défait.  

J'ai choisi pour vous illustrer cet article la cathédrale de Washington obligeamment prêtée aux Musulmans pour célébrer leur office du vendredi. Vous en faut-il d'avantage ?

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