mardi 7 octobre 2014

Comment et pourquoi Israël se préoccupe-t-il des Nations du monde pendant Rosh Hashanah, Kippour, Souccot ?

Il est admis qu’à Rosh Hashanah, ce qu’il est coutume d’appeler le Nouvel an juif, toute créature vivante passe en jugement devant le Saint Béni-soit-Il ? Les prières qui sont prononcées en ce jour dans toutes les synagogues du monde sont parfaitement explicites: qui vivra, qui mourra, qui bénéficiera de la prospérité, qui fera faillite, etc. … Certains pensent que ces supplications ne concernent que les Juifs. Erreur,  en ce Yom Hadin, soit Jour de Jugement,  toutes les Nations qui peuplent la planète, chacune à son tour, sont examinées sous toutes les coutures par le Tribunal d’En Haut et leur sort est décidé pour l’année à venir.  Ce sort est matérialisé par un tampon ou une signature céleste,  puisqu’à Rosh Hashanah l’on se souhaite Hatima Tova (bon tampon ou bonne signature). Bien entendu, sauf exception, il n’y a que les Juifs qui sont informés de ce Jugement universel, puisqu’ils sont les seuls à lire et à comprendre le texte qui figure dans  leur Mahzor, (livre de prières, en hébreu) en ce jour redoutable. On pourrait donc dire que les Nations sont jugées en leur absence ou à leur insu.

Dix jours plus tard, à Kippour, changement de décor : les Juifs ne prient que pour eux et, au sortir de la Fête on se souhaite Gmar Hatima Tova, soit, que le Jugement prononcé à Rosh Hashanah - favorable, tant qu’à faire - soit définitivement scellé. La preuve en est que durant les Jours qui séparent Rosh Hashana de Kippour, les Juifs multiplient les supplications, tentent de changer de conduite, pour faire pencher la balance en leur faveur. Et les Goyim, les Peuples me direz-vous ? Cette fête ne les concerne pas.

Les choses viennent se compliquer à Souccot, ce qu’il est communément convenu d’appeler la Fête des Cabanes ou des Tabernacles. En effet, il est indiqué dans la Torah (section Pinhass) que pendant les 7 jours de Souccot, il était de coutume de sacrifier au Temple 70 taureaux, et les Sages du Talmud nous disent que l’on sacrifiait autant de taureaux qu’il y a de Nations, et ce pour leur bien, afin qu’ils expient leurs fautes.  Et voilà qu’à nouveau, les Juifs lors de cette Fête se préoccupent des Nations. Vous pourriez me rétorquer que le Temple n’existant plus, on ne peut plus y sacrifier ni taureaux, ni autres bêtes. Ce point est le secondaire pour les Juifs, dans la mesure où, depuis la destruction du Temple, aux sacrifices sont venues se substituer les prières. Donc, si nous ne sacrifions plus de taureaux, nous continuons à prier pour le bien-être des autres Nations. Certains Commentateurs nous expliquent que nous prions pour les Nations afin de les amadouer à notre égard. Sachant  que cette technique n’a jamais fonctionné, je tends à rejeter ce commentaire.

A titre de curiosité mentionnons que les Chrétiens évangélistes, qui connaissent la Bible, ont pris l’habitude de défiler à Souccot à Jérusalem, portant 70 drapeaux, au nombre des 70 Nations mentionnées et/ou des 70 taureaux jadis sacrifiés. Donc, cette tradition n’est pas complètement perdue.

A ce stade on pourrait de demander pourquoi, depuis des millénaires,  les Juifs et/ou les Israéliens s’obstinent à se préoccuper du sort des Nations, alors que la réciproque n’est, pour le moins, pas vraie. Est-ce que les Nations prient pour notre bien ou plus simplement nous veulent-elles du bien ? Non n’est-ce pas.

Bien entendu, les plus religieux d’entre nous diraient que la finalité consiste, à ce qu’un jour,  tous les hommes de la terre reconnaissent la royauté et l’unité du Nom. Je ne disconviens pas avec cet objectif mais en attendant, c’est vraiment deux poids, deux mesures. Les Juifs sacrifient des taureaux, ou l’équivalent, pour l’expiation des Goyim et eux nous font du mal, quand ils ne veulent pas tout simplement nous exterminer.  Etrange, non ?

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