mardi 12 août 2014

Après une opération de dératisation à Gaza faut-il faire la paix avec les rats ?

Soyons clairs, Tsuk Eytan improprement traduit par "Bordure Protectrice"  n’est ni une opération militaire, ni une guerre mais une tentative de dératisation.  Or, une dératisation suppose des moyens et des outils qui ne figurent pas dans l’arsenal d’une armée moderne. Les rats se cachent et circulent sous terre, s’engouffrent dans les tunnels, les coins et les recoins qui ne sont pas à la portée ni de l’aviation, ni de l’artillerie. Certes il existe des moyens de dératisation efficaces. On peut affamer les rats, on peut les noyer, on peut les empoisonner, mais cela suppose qu’Israël adopte le postulat que les combattants du Hamas sont des rats et non des Humains. Israël aurait fort bien pu noyer les tunnels qui quadrillent les sous-sols de Gaza, ce n’est pas l’eau de mer qui manque dans le coin,  il aurait pu employer toutes sortes de produits nocifs, liquides, gazeux et autres - je ne suis pas un technicien de la chose - pour  que les rats sortent de leurs tunnels à l’air libre ou périssent dans leurs trous, mais que voulez-vous, le gaz et les Juifs, ça ne fait pas bon ménage ensemble. Il aurait pu aussi empêcher tous les convois de nourriture et de médicaments de passer à travers les points de passage tenus par Israël, laissant aux Egyptiens le soin  de nourrir et de soigner leurs frères détestés (ce dont les Egyptiens se seraient royalement abstenus) et, dans ce cas, les rats se seraient mangés les uns les autres - lire les civils azziates se seraient retournés contre les dirigeants du Hamas - mais que voulez, vous, Tsahal possède quelque chose dont sont dépourvues toutes les armées du monde : une éthique. Alors Tsahal a cassé du béton et détruit quelques tunnels où les rats ont l’habitude de circuler, en travaillant dans la dentelle : la meilleure preuve, l’armée du Hamas n’a pas perdu plus de 3% de ses effectifs. Israël ne peut décemment pas appeler ça une victoire.
Je ne suis pas un va-t’en guerre, mais quand j’ai vu au Ma’hsom Erez (le point de passage nord entre Israël et Gazza) passer des camions et des camions de vivres  et de je ne sais quoi, entrer dans Gaza pour permettre au Gazaouis, qui nous haïssent, de vivre précisément,  je n’ai pu m’empêcher d’avoir un haut le cœur. Et dire que les Nations nous accusent de génocide et de crimes contre l’humanité. Les Nazis ont-ils fournis des vivres aux combattants du Guetto de Varsovie pour leur donner d’avantage de forces pour les combattre ?

Cela dit, force est d’admettre que les Hamas a su résister un mois entier face à la meilleure armée du monde en employant la stratégie qu’il a jugé la plus adaptée ; à savoir la stratégie du rat, et cela mérite quelque respect. A ce titre je m’interroge de savoir si ce n’est pas avec lui qu’il faut en définitive traiter et non avec le Fatah du fantoche de  Mahmoud Abbas ?



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