dimanche 2 mars 2014

Comment et en fonction de quoi sont mesurés les « mérites » d’un juif ?

Il était une fois un Rabbin très vieux, très savant et très écouté, qui était la référence absolue du monde de la Torah ; lituanien certes, mais à partir du moment où les grandes Yéshivot en Israël sont Lituaniennes et qu’elles donnent le ton à l’enseignement de la Torah, ce rabbin constituait la référence absolue. Il avait le pouvoir de faire lever, défiler, et même marcher sur la tête, les Yéshivistes qui lui obéissaient au doigt et à l’œil. Or, précisément, devant le danger que représentait  la conscription des Yéshivistes, il décréta, avec ses collègues,  une journée  de prières, protestation, manifestation, mauvaise humeur, pour la plus grande gloire de la Torah.

Je ne suis pas contre, je suis même tout à fait pour. L’étude de la Torah représente, à mon sens,  le socle qui a permis de faire perdurer la Nation juive dans la sombre Galout, et son étude doit continuer, en Israël comme ailleurs. Je me proposais donc, moi qui ne porte pas de chapeau noir à larges bords, qui me rase la barbe,  qui prend pas mal de libertés avec la Loi de Moïse, mais qui l’étudie quand même à la mesure de mes faibles moyens,  de participer à cette manifestation jérusalémite  pour la plus grande gloire de la Torah d’Israël.

Seulement voilà j’ai lu ce matin dans un site on ne peut plus religieux, un texte qui m’a posé problème et m’a dissuadé de me rendre à Jérusalem.  Un Monsieur fort respectable qui s’occupe du rapprochement des cœurs (בקירוב לבבות) lire: d’établir des passerelles entre les ultra-religieux et les pas religieux du tout, s’est rendu chez ce rabbin et lui a demandé s’il fallait mener une campagne de sensibilisation auprès de non-religieux afin de  les amener  à participer à la manifestation de Jérusalem. Le grand Rabbin a réfléchi, pas longtemps il est vrai, et a répondu : « afin que les prières soient reçues il faut que les participants possèdent des mérites (בשביל שיתקבלו התפילות צריך זכויות) »  et de rajouter « et je crains qu’il vaut mieux que des gens dépourvus de mérites n’assistent pas à la prière (אני חושש שלא כדאי שאנשים ללא זכויות ישתתפו בתפילה)

J’en ai donc conclu que moi, qui suis si dépourvu de mérites, ne suis pas le bienvenu à la prière collective à Jérusalem, qui ne devra comporter que des chapeautés et des barbus. Moi, passe encore, mais tous les Israéliens qui ont servi leur pays et aidé leurs semblables de toutes les manières possibles et imaginables et, qui respectent la Torah, sans pour autant y consacrer tous leurs moments libres, parce qu’il faut bien faire chauffer la marmite, ils ne sont pas non plus les bienvenus et leurs prières ne seraient donc pas reçues ?

Cela m’a amené à ma poser plusieurs questions

- Comment détermine-t-on les mérites d’un juif ?

- Faut-il nécessairement porter tous les signes distinctifs religieux pour posséder des mérites?

- Est-ce la meilleure façon de rapprocher ceux qui croient au Ciel et ceux qui y croient moins, voire pas du tout, que de refouler ainsi les "non méritants" ?


Et la question qui tue : 

- Comment se fait-il que ce rabbin sache qui sont ceux dont les prières sont reçues par En Haut  et qui sont ceux dont les prières seront rejetées ; pire encore, dont les prières risquent de chambouler la prière collective de tous ceux qui ont tous les mérites ?

Je rajouterais que le logo qui associe la Torah et les barbelés est du plus mauvais goût


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