dimanche 2 février 2014

Deux grands-parents juifs expliquent-ils l’obsession messianique de John Kerry de sauver Israël malgré lui

La sortie du ministre de la Défense Boogie Ayalon à l’encontre de John Kerry a déclenché la foudre des Américains et couvert les manchettes des Journaux. Et pourtant, personne, à ma connaissance n’a cherché à analyser le sens de la phrase de Boogie qui est d’une finesse peu commune, surtout dans la bouche d’un militaire.
En hébreu, les mots d'Ayalon sont les suivants :  נחוש ופועל מתוך אובססיה לא מובנת ותחושה משיחית
Ce qui en français pourrait se traduire : « Le secrétaire d’Etat est arrivé chez nous déterminé,  mû par une obsession inexplicable et par  un sens (irrationnel)  de messianisme ».  

La phrase prononcée par Ayalon pourrait signifier que John Kerry est effectivement fort déterminé mais que sa détermination et l’action frénétique et désordonnée qu’il déploie n’appartiennent pas au domaine du rationnel et du réfléchi.  Ses mobiles relèvent  de pulsions, de sensations vagues,  dont le sens profond lui échappe. Quant au messianisme qui le meut, Ayalon tombe en plein dans le mille. Car qu’est-ce que le messianisme en définitive si ce n’est que l’on se sent investi d’une mission par en Haut, et que cette action vise à la Délivrance finale. Non pas une petite délivrance de rien du tout mais au chambardement d’une réalité, pour lui inacceptable, dont la finalité serait que le loup cohabite avec l’agneau et vice versa. L’agitation de Kerry déborde largement le cadre géopolitique pour pénétrer de plein pied dans le domaine psychanalytique, s’apparentant d’avantage au Syndrome de Jérusalem, qui transforme régulièrement un pèlerin à priori normal en un Roi David courant nu dans les rues de la ville sainte, muni d’une couronne en carton et d’une épée en plastique, réclamant la royauté qui lui est due.
 
Ce type de comportement est généralement le fait de chrétiens atteints par une certaine fragilité émotionnelle qui ne s’exprime que lors de leur passage à Jérusalem. Les psychanalystes israéliens sont très au fait de ce phénomène et ont développé au fil des ans des techniques appropriées à ce syndrome. Voir l’abondante littérature qui traite du Syndrome de Jérusalem.

Pour ma part j’aimerais avancer une hypothèse, qui vaut ce qu’elle vaut, et qui pourrait expliquer le cas Kerry.

Vous n’ignorez pas que les grands-parents de John Kerry sont d’origine juive. Cela a été révélé en 2003 par un généalogiste américain Felix Gundacker, à la demande du Boston Globe. Il s’agit de Fritz Kohn et de Ida Lowe  - soit, en passant un Cohen et une fille Levi - nés dans l’Empire Austro-Hongrois. Ils changèrent en 1900 leur nom en Frederick et Ida Kerry et se convertirent un an plus tard au Catholicisme. John Kerry a toujours affirmé qu’il savait que ses grands-parents étaient natifs d’Autriche mais, jusqu’à la révélation du Boston Globe, ignorait que ses ascendants étaient tous deux Juifs. Il apprit par ailleurs que le frère et la sœur de sa grand-mère (Otto et Jenni) ont été exterminés dans les Camps.

Tachez de vous mettre à la place d’un homme qui prend connaissance par la Presse à l'âge de 60 ans que ses deux grands-parents étaient des Juifs convertis au Catholicisme. Je veux imaginer que cette révélation, si elle n’a pas constitué un traumatisme, a néanmoins provoqué un choc, disons important. Et voici que 10 ans après, John Kerry bombardé Ministre des Affaires Etrangères s’attelle avec frénésie au dossier Israélo-Palestinien, de la manière que l’on sait. Cette révélation tardive suffirait en tout cas à convaincre John Kerry que la mission qui lui a été confiée, de concilier l’inconciliable, lire Israéliens et Palestiniens, ne lui a pas été attribuée par hasard et, que si les voies, ou voix  du seigneur sont à priori impénétrables, pour ce qui le concerne, elles seraient limpides et audibles.

Il s’agit, je le répète, d’une hypothèse de travail, qui tendrait à expliquer la frénésie, l’acharnement  et la somme d’énergie que dépense Kerry dans sa Mission, et que Boggy Ayalon dans une formule lapidaire et géniale qualifie d’ « obsessive et de messianique ». 

M’est avis aussi est que si la sortie d’Ayalon  a tant énervé les Américains c’est qu’elle comportait un fond de vérité ("Il n’y a que la vérité qui blesse", comme dit le dicton populaire).

Bien d’autres politiciens américains ont œuvré pour un rapprochement israélo-palestinien mais aucun d’eux n’a semblé habité par sa mission comme l’est John Kerry. On sent clairement que pour lui la conciliation des deux parties est d’une importance cruciale. Si cela ne se produisait pas, ce serait une catastrophe planétaire, une quasi apocalypse débouchant sur l’ultime guerre de Gog et Magog. 

Avant d’apprendre que les grands parents de Kerry étaient Juifs et qu’il l’ait découvert à un âge avancé, j’imaginais que son obstination à convaincre les Israéliens qu’hors d’un accord, il n’y avait point de salut, répondait à des considérations chrétiennes. Après avoir réfléchi sur la phrase d’Ayalon et après avoir wikipedié, je pense que la découverte tardive de ses origines juives jointe à son éducation catholique constitue un cocktail très personnel d’où il puise son énergie quasi messianique.  

Sauver Israël malgré lui, telle est sa mission. Il est le Moïse des temps modernes qui sait ce qui est bon pour ces Juifs qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche. Sinon, c’est chaos, c’est le boycott généralisé, d’où découlera la famine et la misère. Apocalyptique, vous dis-je. Et pour donner encore plus de poids à ses dires, Kerry nous l’annonce, non pas du haut du Mont Sinaï, mais de la ville de Munich de sinistre mémoire.


Sur ce je terminerais également sur une phrase de Boogie Ayalon prononcée également à Munich : "Un accord avec les Palestiniens c’est bien, mais si ça n’aboutit pas c’est pas grave, Nistadér, on s’arrangera".

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