dimanche 19 janvier 2014

Pourquoi le dialogue Israélo-Palestinien buttera toujours sur la reconnaissance d’Israël comme foyer du peuple juif ?

La reconnaissance par les palestiniens en particulier, et les Musulmans en général que la terre sur laquelle s’est installé le peuple juif appartient, à ce dernier, de droit ou de fait, est la pierre d’achoppement sur laquelle butera tout accord. Cette reconnaissance n’est pas à l’usage des Israéliens qui n’ont que faire que qui que ce soit leur reconnaisse le droit de vivre sur leur terre, qu’elle ait été ou non promise à leurs ancêtres; ils y sont et cela leur suffit. Cette reconnaissance est uniquement à l’usage des Musulmans qui, s’ils y adhèrent, reconnaissent de facto que les Palestiniens n’ont plus le droit d’y retourner. Or la terre d’Israël pour tout musulman est sainte dans le sens de Waqf (propriété inaliénable). Cela signifie qu’aucun individu ou entité soi-disant représentative: Abu Mazen, Autorité Palestinienne, Etat quelconque, n’a autorité pour priver un Musulman lambda de son droit au Retour ; de la même manière qu’un père ne peut priver ses enfants de ce qui leur reviendra dans le futur. Il s’agit d’un droit privé qui ne peut être remis en question par qui que ce soit.  Une reconnaissance éventuelle - et fort improbable - par les Palestiniens de cette génération du droit des Israéliens d’habiter sur cette terre, n’engage en aucune façon les générations à venir qui considéreront jusqu’à la fin des temps que leur droit au Retour est un droit inaliénable.

De quelle terre s’agit-il ? Mais de toute la terre d’Israël, bien sûr. Si les naïfs pensent que des concessions territoriales majeures, ou même un Etat palestinien, étanchera la soif des Palestiniens, ils se trompent lourdement. Une caricature parue dans le journal Maariv montre Abu Mazen et John Kerry. Ce dernier demande à  Abu Mazen : « donne-moi au moins quelque chose » et ce dernier de répondre : « je n’ai aucune exigence sur le sud Tel-Aviv ! «. De ce fait tout document qui sera signé par Abu Mazen n’a même pas la valeur du papier sur lequel il est signé.

Je me suis rendu la semaine dernière dans la plaine du Jourdain, au nord-est de Jéricho. Vous savez la bande de terre longeant le fleuve Jourdain (Biq’at Hayarden)) que John Kerry veut interdire aux patrouilles Israéliennes, estimant dans sa grande sagesse, qu’une panoplie hyper sophistiquée de moyens de détection est suffisante. Ce qui est stupide, car, comme l’a rappelé Bogy Ayalon, le Ministre de la Défense israélien, si Tsahal n’a pas les moyens de poursuivre physiquement les terroristes en tous genre qui s’y infiltreront immanquablement à partir de la Jordanie, alors toute la technologie du monde ne sert à rien.

Le long du Jourdain, les Israéliens ont développé une agriculture remarquable : Israël est notamment le premier producteur et exportateur au monde de dattes ; plus de la moitié de la production du pays provient de la vallée du Jourdain et, comble de l’ironie, les dattiers ont été importés d’Irak.

Le long du Jourdain, on découvre aussi un monument impressionnant en forme de canon et une stèle sur laquelle figurent 400 plaques ; celles de tous les soldats qui sont tombés pour défendre précisément cette bande de terre.

Si La bande du Jourdain était privée de ses habitants juifs et devenait inaccessible pour Tsahal, ce serait d’abord une injustice insupportable à l’égard de tous les agriculteurs juifs qui se sont tant échinés pour faire reverdir cette terre désertique, une mise au chômage des ouvriers arabes qui sont contents d’avoir un gagne-pain, et une menace considérable pour tout Israël ; la Biq’a se transformant immédiatement en Hamastan, Al Qaïdastan…

Une certaine normalisation des relations entre Palestiniens et Israéliens ne passe pas par la création d’un Etat palestinien, qui ne contentera jamais  ceux qui considèrent que leur droit de Retour s’applique à tout le territoire de l’Etat hébreu, il passe, n’en déplaise aux bien-pensants et aux boycotteurs ignorants de la réalité au Proche-Orient, par des solutions économiques ponctuelles qui sont dans l’intérêt des deux parties.  Ainsi, malgré les menaces de boycott, des entrepreneurs israéliens décident de construire leurs usines au-delà de la ligne verte, parce qu’ils y disposent d’une main d’œuvre qu’ils ne trouvent pas en deçà de la ligne verte.

Cela ne résoudra pas l’antagonisme fondamental entre deux peuples qui considèrent que la même terre leur revient de droit mais permettra aux Arabes de vivre plus décemment. C'est déjà ça!

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