lundi 19 août 2013

Les soldats de Tsahal sont les plus pauvres de toutes les armées du monde

Savez-vous combien gagne un  conscrit israélien ? La réponse est, indécente : 352.50 shekels par mois ! S’il fait partie des unités combattantes, son salaire est doublé soit 700 shekels. Fort compréhensif, Tsahal alloue 43.50 shekels supplémentaires aux soldates pour l’achat de produits d’hygiène. Des études comparatives ont montré que le salaire moyen d’un soldat israélien qui ne sert pas dans des unités combattantes- en hébreu cela s’appelle un Jobnik - s’élève en moyenne à 1300 dollars/an (2200 s’il en fait partie). Ce chiffre est à rapprocher de la solde d’un soldat chinois qui lui gagne 1600 dollars par mois. Il serait indécent de citer la solde d’un soldat anglais, canadien ou américain. Cela signifie en clair qu’un soldat de Tsahal dispose de moins de 3 Euros par jour pour s’acheter un paquet de cigarettes ou un sandwich quand il se rend à sa base. A signaler que la solde des appelés n’a pas été revue depuis …. 2002.

J’ai voulu croiser ce calcul avec d’autres données : sachant que le Ministère de la Défense admet que le budget alloué aux conscrits s’élève à 800 Millions de shekels et qu’il y a environ 150.000 conscrits, la solde moyenne du bidasse israélien, combattant ou non combattant est de 5333 shekel par an, soit 1441 dollars, ce qui conforte le chiffre de 1300 dollars cité plus haut.

Quatorze mille soldats sur les 150.000 d’appelés que compte Tsahal  passent chaque année par la case prison. 70 % d’entre eux sont condamnés pour désertion. Tsahal admet que la plupart des cas de désertion s’expliquent par la nécessité impérieuse de travailler pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. Il faut savoir que 50 % des soldats d’origine éthiopienne sont incarcérés chaque année dans les prisons militaires. Ils ne sont pas tous mauvais tout de même !

Le seuil de pauvreté touche toutes les unités de Tsahal jusqu’aux plus prestigieuses. Ce sont les Commandants d’unités qui sont confrontés journellement à ce phénomène. Un capitaine de vaisseau témoigne : « sur un bateau qui comporte 20 hommes d’équipage, 60 % d’entre eux ont recours à des aides, sans compter, ce qui est pire, ceux qui n’osent pas demander ». Lorsqu’ils ne sont pas en opération, les officiers passent jusqu’à 80 % de leur temps à faire les assistantes sociales, lorsqu’ils ne glissent pas un billet de 100 shekel dans le sac de leurs soldats les plus nécessiteux.

Bonne nouvelle : le ministre de la Défense Bogy Ayalon a décidé d’augmenter de 17 % pour 2014 la solde des appelés qui recevront ainsi royalement 70 shekels supplémentaires chaque mois. Chaque soldat disposera ainsi d’un supplément de 0.50 euros par jour. En attendant 2014 il leur faudra se serrer la ceinture.

Entre 16 et 18 ans les gamins israéliens qui ne sont plus scolarisés gagnent, en travaillant de ci de là, quelquefois avec beaucoup de réussite (j’en ai connu) beaucoup plus que les 350 malheureux shekels qu’ils percevront à l’armée, ce qui implique qu’en intégrant l’armée à 18 ans révolus ils basculent sous le seuil de pauvreté.

Il y a bien sur les fils à papa pour qui l’incorporation ne pose aucun problème financier et, il y a les autres : ceux que la famille ne peut pas aider mais au contraire a besoin des revenus que leurs fils ou leurs fille pourraient engendrer pour faire tourner le foyer. Combien de soldats font partie de cette dernière catégorie ? Je n’ai évidemment pas les moyens de le savoir mais en croisant différentes données socio-économiques, on peut estimer que cela concerne allègrement un tiers des conscrits.

Cinquante mille jeunes israéliens, au bas mot,  qui contribuent à la défense d’Israël en servant dans Tsahal, fierté des juifs du monde entier, basculent du jour au lendemain dans un état de pauvreté et de honte à l’être. Je veux aussi croire que beaucoup d’ Israéliens qui ne servent pas dans l’armée - je ne parle pas des Harédim évidemment - le font pour des raisons économiques et non pour tirer au flanc.

J’ai pris conscience de ce pur scandale en visionnant une émission TV sur la Chaîne israélienne. Une recherche rapide sur les sites israéliens m’a permis de réunir les données statistiques. Et j’ai eu la nausée en imaginant la détresse de ces mômes  et les conséquences qu’une telle situation peut engendrer pour certains d’entre eux.

Des conscrits de 18, 19 et 20 ans ne peuvent et ne savent pas organiser des Lobbying qui plaident leur cause. Ils ne savent pas, comme d’autres, envoyer des messagers barbus et chapeautés récolter des dons en Diaspora. Ils n’ont pas été formatés pour ça. Qu’un conscrit chinois touche plus qu’un conscrit israélien m’a indigné. L’armée d’Israël est confrontée, chacun le sait, à des tas de problèmes et je ne prétends pas que le problème que j’ai soulevé est moins prioritaire. Il l’est tout autant sinon plus mais c’est aux Juifs de Galout de mettre la main à la poche. Eux qui ont la chance d’envoyer leurs enfants à la Faculté à l’âge où les jeunes israéliens partent connaitre la pauvreté en faisant leur devoir envers leur pays.

A ce stade je ne connais pas les Associations qui assistent les conscrits israéliens. Je compte bien m’y atteler pour les dénicher et B.H vous en informer dans un prochain article.


Les sites que j’ai consultés (en hébreu)  sont les suivants; ainsi vous pourrez aussi vérifier mes chiffres. Il y a en particulier une vidéo à ne pas manquer.




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