mercredi 14 août 2013

Le Sabbataïsme et la ségrégation anti-Sépharade fleurissent dans les milieux religieux en Israël


Qu’est-ce qui caractérise le Sabbataïsme ; vous savez, ces messies dévoyés, Sabbataï Tsvi suivi  par Jacob Franck,  qui ont bouleversé le paysage juif au XVI et XVII siècle?

Sans faire œuvre d’érudition (pour cela il faut vous reporter aux ouvrages de Gershon Scholem et d’Elie Shaï sur le Sabbataïsme) on pourrait dire, en schématisant, qu’un faux messie présente, entre autres, les caractéristiques suivantes :

- C’est un érudit en Torah, avec une préférence marquée pour la cabbale et autres écrits ésotériques qui permettent de raconter à peu près n’importe quoi puisque de toute manière le juif lambda n’y comprend rien.

- Il est hautement charismatique, beau parleur, sachant séduire, entrainer les foules et les influencer au point de leur faire perdre tout jugement

- Il est psychologiquement dérangé et possède, soit une libido hyper active comme Jacob Franck qui adorait organiser des orgies, soit éteinte comme Shabbtaï Tsvi,  qui aurait été abusé sexuellement dans son enfance, ce qui aurait laissé des traces sur sa virilité

- Il abonde à mêler dieu à ses perversions, faisant croire à ses victimes sexuelles qu’il n’abuse point d’elles mais, au contraire, les entraine vers des hauteurs extatiques, car il est bien connu que le bien ne peut sortir que du mal ; ce qui permet au passage de travestir les écrits Lourianiques.

Si en Occident cela s’appelle des Gourous, travestissant ainsi un mot sanscrit tout à fait laudatif qui signifie » enseignant » ou « celui qui dissipe les ténèbres » ; chez les juifs ils portent le nom de « Rabbi ».

Deux faits divers ont semé quelque émoi  récemment en Israël. L’un, fortement relayé par la presse: le  fort célèbre et charismatique Rav Mordekhaï Elon qui, après des années de procédures, a été condamné pour abus sexuels sur un élève mineur et devrait purger une peine de prison, et l’autre, moins médiatisé concerne le Rav Eliezer Berland.

Le Rav Berland fondateur du Mouvement et de la Yéshiva Shuvou Banim tendance Breslav et, inspirateur du pèlerinage sur la tombe de Rabbi Nahman, est lui fortement suspecté par la Police israélienne d’abus sexuels sur des jeunes filles mineures. Cette année il ne se rendra pas comme à son habitude à Ouman  en Ukraine, puisqu’il s’est réfugié au Maroc, havre de paix et de tranquillité pour prédateurs sexuels et autres dévoyés. Comme les ennuis arrivent toujours en escadrille ; la police israélienne a également arrêté son fils, Rav Nahman Berland, en compagnie d’autres membres de Shouvou Banim pour magouilles financières pas très casher.

Ces choses là arrivent, mais ce qui me pose problème c’est que

- Malgré les faits avérés, la popularité de ces rabbanim ne faiblit pas ;  leurs fans et affidés continuent à les suivre, à les vénérer et à boire leurs paroles ; au point que des voix s’élèvent en Israël pour interdire au rav Elon de continuer à donner des cours en public, et que des hassidim de Rav Beralnd préfèrent se rendre à Ouarzazate plutôt qu’à Ouman, pour être à proximité de leur maître.

- Ces rabbins se drapent de phrases ésotériques et absconses pour justifier leurs actes, remerciant le Ciel pour les épreuves qu’Il leur fait endurer (alors que les épreuves ce sont plutôt leurs victimes qui les ont subies), sans exprimer ni regret ni remord. Ceci sans doute pour envelopper leur comportement d’une sainteté que le commun des mortels ne peut comprendre mais justifierait  leurs agissements.

Et c’est ainsi que le Sabbataïsme pas messianique pour un sou mais extrêmement libidineux renaît de ses cendres qui sont encore toutes chaudes, sous couvert sainteté rabbinique qui peut tout se permettre puisqu’elle s’incarne chez un individu vénéré et manipulateur appelé Rav ou Rabbi.

Il serait quand même largement temps que les Juifs manifestent un peu de discernement et  ne confient plus leur destin à ce genre de charlots pervers.

Dans le registre de la perversité, je note aussi que le racisme dans les milieux Haredim ashkénazes à l’égard des Séfarades ne faiblit en aucune façon ; le quota de filles d’origine sépharade dans les écoles religieuses managées par des Ashkénazes ne dépasse toujours pas les 20 % et les étudiants sépharades - même les plus brillants -  qui veulent intégrer les grandes Yéshivot sont refoulés.

La société israélienne qui a œuvré depuis la création de l’Etat à gommer cette scandaleuse xénophobie, et qui a plutôt bien réussi, butte sur la marche des Yéshivot où l’on préfère intégrer deux étudiants ashkénazes médiocres plutôt qu’un sépharade doué. 

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