dimanche 10 février 2013

Les réclamations des Palestino-Cananéens et des Musulmans sur la terre d’Israël sont-elles recevables, selon le Talmud Sanhédrin ?


Dans le traité talmudique Sanhédrin page 91A on raconte l’histoire de trois peuples qui ont intenté un procès aux Hébreux devant Alexandre de Macédoine. Un dénommé Gvia ben Psissa défendait la position des Hébreux devant ses accusateurs.

Le premier peuple à se présenter  pour défendre ses droits sur leur terre est nommé par le Talmud les fils d’Afrikia (lire les Cananéens/Palestiniens).  Ils rapportent  pour justifier de leurs droits un passouk (passage) de la Torah, déconnecté de son contexte : "la terre de Canaan selon ses frontières" (Bamidbar, Lévitique 34 :2) ; entendant par là que si la terre de Canaan possède des frontières, cela signifie qu’elle leur appartient. Ben Psissa se doit de rapporter également un passouk de la Torah pour contredire leurs dires et cite : « Maudit soit Canaan, ils sera l’esclave des esclaves de ses frères » ; non seulement des Hébreux descendants de Chém mais également de Japhet père de l’Occident ( Berechith 9:26). Et il rajoute : un esclave qui a acquis des biens ne les possède pas en propre, ils appartiennent à ses maîtres. Par ailleurs pendant de nombreuses années vous n’avez pas travaillé et vous devez donc rendre tous les biens spoliés à leurs  véritables propriétaires.  Les Cananéens ne trouvèrent par de réponse pertinente à apporter à Ben Psissa et s’enfuirent.

Le second peuple à se présenter furent les Égyptiens qui, selon le même schéma, rapportent un passouk de la Torah : "et les Hébreux trouvèrent grâce auprès de Egyptiens", qui leur prêtèrent/donnèrent des objets d’une grande valeur" (Chemot 12 :36). Donc, Messieurs les Hébreux, soyez assez gentils de nous rendre l’or et l’argent que nous vous avons prêté. Ben Psissa leur répond bien sûr aussi selon un passouk de la Torah "Et le séjour des enfants d’Israël en Egypte fut de 430 ans" (Chemot 40). S’il en est ainsi Messieurs les Egyptiens, vous êtes tenus de payer le salaire qui correspond à 600.00 hommes qui ont travaillé gratuitement en Egypte pendant 430 ans. Faites le calcul. Les Égyptiens ne surent que répondre et s’enfuirent.

Se présentèrent ensuite devant Alexandre de Macédoine  les Fils d’Ismaël et de Kétoura (femme d’Abraham après la mort de Sarah, qui lui donna 12 fils) et ils dirent : la terre de Canaan  appartient  à vous et à nous, comme il est écrit « Voici les générations d’Ismaël, fils d’Abraham » et « Voici les Générations d’Isaak, fils d’Abraham ». Ben Psissa demande la permission de citer également un passage de la Torah et dit : " Et Abraham donna à Isaak tout ce qu’il possédait et aux fils de Kétoura, il fit des cadeaux" (Chemot 5 :6). Or, un père qui lègue tout ce qu’il possède de son vivant à un fils et renvoie ses autres fils de devant lui, ces derniers n’ont aucun droit sur l’héritage qui revient au premier (Isaak).  Contrairement aux deux autres épisodes, le Talmud ne dit pas ce qui se passa par la suite,ce qui laisse entendre que, manifestement les fils d’Ismaël et de Ketoura ne s’enfuirent pas; preuve s’il en est que l’argument de Ben Psissa ne les a pas convaincu.

Ce passage talmudique est d’une actualité brûlante ; il illustre parfaitement  l’impossibilité du dialogue entre les Musulmans et Israël qui est d’une nature différente selon qu’il s’agisse des Palestiniens en particulier et des Musulmans en général.

Les Cananéens, lire les Palestiniens, soutiennent que la Terre d’Israël leur appartient puisqu’ils y habitent depuis plus longtemps que les Hébreux, qui n’ont commencé à arriver qu’à la fin du XIX e siècle.  Ils estiment que leur droit d’usage du sol, qu’ils n’ont pas apprivoisé, mais après tout, qui a dit qu’une terre doit être bonifiée et que le progrès technologique existe, est inaliénable. Leur revendication d’un Etat palestinien à côté d’un Etat juif est un leurre. Ils veulent tout, et leur véritable revendication  est le retour des réfugiés … à Haïfa, à Jaffa, Lod et partout ailleurs, qu’il s’agisse d’Israël en dehors de la Ligne Verte ou d’Israël à l’intérieur de la Ligne Verte; en reprenant le texte de la Guemarra : «  la terre de Canaan selon ses frontières », qui va clairement de la mer au Jourdain, voire au-delà, en Jordanie où 75% de la population est d’origine palestinienne. Quand les Israéliens leurs expliquent qu’ils se trompent et que leur droit sur la terre est celle d’un gardien, qui se doit de rendre la maison à son propriétaire, ils changent de sujet n’ayant rien à rétorquer.

Il n’en est pas de même pour les fils d’Ismaël, ses frères ou demi frères, descendants d’Abraham (voir mon essai : Ismaël et ses frères). Ceux là considèrent qu’ils ont les mêmes droits à la terre que les descendants d’Isaak, fils d’Abraham. Ils sont issus du même père, dont ils suivent ce qu’ils considèrent être ses préceptes (exemple la Mila, la circoncision, même si elle n’est pas tout à fait la même que pour les Hébreux). Ils considèrent par ailleurs que leur religion est par définition universelle donc impérialiste, leur accordant le droit de prendre par la force ce qui appartient à autrui. A l’inverse des Cananéens timorés, ils mènent des guerres contre l’Etat hébreu, comme ils mènent des guerres - de nature différente quelquefois, telles que l'immigration massive -  contre tout Etat qu’ils estiment devoir conquérir, parce que là se situe précisément la vocation d’Ismaël : Al harbekha ti’hyié, "tu vivras par ton épée". Contre les Musulmans, Etats constitués ou groupes islamistes, il est normal, légitime et presque toujours nécessaire, pour Israël d’employer le force, puisque c’est la seule chose que les descendants d’Ismaël connaissent.

L’autre point de désaccord infranchissable entre les Hébreux et les Ismaélites est leur remise en question de la Torah. Contrairement aux Chrétiens qui ne contestent en aucune façon la Torah, se contentant de l’interpréter  à leur manière en y adjoignant le Nouveau Testament, les Musulmans ont réécrit  la Torah à leur sauce. Le Coran raconte une histoire où les évènements survenus dans la Bible  sont déformés dans un sens qui convient aux descendants d’Ismaël mais qui diffère singulièrement de la Torah de Moïse. Ainsi, le "sacrifice" d’Isaak par Abraham devient dans le Coran le sacrifice d’Ismaël. A partir de là le dialogue est rompu car faire admettre à un milliard et quelques de Musulmans qu’il n’en a pas été ainsi, est impensable. Ceci explique que le dialogue avec les Chrétiens est envisageable mais que le dialogue judéo-musulman est mission impossible.

Quand Ahmadinejad déclare au Président Morsi que son plus cher désir est d’aller prier à la Mosquée d’Al Aqsa, cela signifie en clair que le peuple israélien doit être exterminé auparavant. Quant aux Cananéens, ils ont tout le loisir aujourd’hui d’aller prier à la dite Mosquée, puisque les autorités israéliennes leur accordent ce droit, refusant aux Juifs de prier sur le Mont du Temple, ce qui est une pure absurdité.

Dans ce même passage talmudique sont évoqués les peuples qui demandent aux Juifs de leur rendre ce qu’ils ont indûment emprunté/volé. A quoi Gvia ben Psissa rétorque: rendez auparavant tout ce que vous avez pris aux Juifs alors qu’ils n’avaient pas la possibilité de défendre leurs biens et, rendez ... grâce aux Juifs pour ce qu’ils ont apporté à l’Humanité et dont vous profitez aujourd’hui sans leur verser le moindre royalty.

Et l’on ose dire que le Talmud est un ouvrage démodé. 

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