lundi 30 janvier 2012

Géopolitique coranique


Mon précédent article n’a pas déchainé les passions mais je ne dois m’en prendre qu’à moi-même. Je n’ai pas mis suffisamment  l’accent sur l’essentiel, à savoir que la politique du Fatah n’est mue que par des considérations religieuses et que tout le reste n’est que de la littérature et de la poudre aux yeux.
Quand le modérateur du Fata’h, invite sur la scène le Grand Mufti de Jérusalem,  il brosse très clairement le tableau : « Notre guerre avec les descendants des singes et des porcs  (lire, les Juifs), est une guerre de religion et de Foi ; et le chef spirituel du Fatah  de dérouler derrière les passages du Coran qui attestent de cette vérité. Comme l’avait ordonné le prophète Mahomet, en gage de la Rédemption Finale , le Mufti  lance un appel au meurtre des juifs en prenant appui sur une Hadit du Coran désignant les juifs  comme descendants de singes et de porcs qu’il faut débusquer derrière chaque arbre et chaque pierre et exterminer.
Quand Netanyahou s’émeut de cette déclaration, le Mufti s’en étonne et rétorque qu’il n’a aucunement prononcé  d’appel au meurtre, mais s’est contenté de citer ses sources ; à savoir le Coran. C’est son droit et même son devoir en tant que Religieux, en charge de la transmission des Textes sacrés et de la parole du Prophète. Et, peut être, est-il même sincère : quel mal y a-t-il à citer les sources coraniques qui doivent sous-tendre la politique menée par le Fata’h, dont il est le garant de l’orthodoxie religieuse ?
Le problème avec l’islam c’est qu’il n’y a qu’un pas pour passer de l’orthodoxie à l’orthopraxie, notamment dans le domaine géopolitique. Le Prophète a dit qu’ il faut débusquer les juifs derrière chaque arbre et chaque pierre et les exterminer ; alors cela signifie qu’il faut passer immédiatement à l’action. Cela n’est pas toujours possible, parce que les Juifs se cachent ou se défendent. Peu importe, ce qui est valable aujourd’hui le sera aussi demain. En attendant le jour béni où l’orthopraxie pourra se conformer à l’orthodoxie, on patiente,  et surtout on tergiverse pour donner le change à l’ennemi et à l’opinion publique internationale. L’Iran promet toujours une  table ronde où seront discutées les issues nucléaires, et le Fatah est rempli de bonne volonté pour négocier avec les Israéliens ; ce sont les Israéliens, disent-ils, qui ne veulent pas discuter avec eux. L’important est de donner le change, faire croire que l’orthodoxie est modulable et malléable. Puisque on manifeste le désir de négocier avec les sionistes, cela signifie qu’on ne souhaite pas les exterminer, donc que la parole du Prophète est  flexible. C’est le discours que le Fatah veut  faire croire au monde entier.
Or la parole du Prophète n’est pas négociable ;  le modérateur et le Mufti du Fata’h, par leurs discours, le prouvent suffisamment. L’accomplissement d’une action – soit l’orthopraxie -  en l’occurrence, l’extermination des juifs qui permettra la résurrection finale, se calque complètement avec l’orthodoxie islamique qui correspond à la parole intemporelle du Prophète Mahomet. C’est écrit, Méktoub.
Le drame de l’Occident et de l’extrême gauche israélienne, c’est qu’ils continuent à faire un distinguo entre un Islam modéré, et un Islam dur ; mettant par exemple en opposition le Hamas intransigeant et le Fata’h light. Or « Islam » et « modéré »  sont deux termes inconciliables. Les dirigeants israéliens actuels le savent parfaitement, les deux candidats républicains à la présidence américaine aussi.
Il est également exact que la tradition juive prend également par moments des allures de géopolitique, biblique, par définition. Ainsi, nous dit Rashi dans son tout premier commentaire sur la Torah, sur le mot Bereshith, improprement traduit par « Au Commencement » : « Ainsi, si les nations du monde (L’ONU, par exemple) viennent à dire à Israël : « Vous êtes des voleurs, vous avez conquis les terres des sept nations (lire des cananéens ou crypto Palestiniens), on pourra leur répondre : toute la terre appartient au Saint béni soit-Il. C’est Lui qui l’a créée et Il l’a donnée à qui bon lui a semblé. C’est par Sa volonté qu’Il les a données à ces peuples, et c’est par Sa volonté qu’Il les leur a reprise et qu’Il nous les a données «  et de rajouter : Le monde a été créé pour la Tora qui est appelée « le “commencement” de Sa voie » et pour Israël qui est appelé « le “commencement” de Sa moisson ».
Je suis donc en droit de croire que la Terre d’Israël qui a été confiée provisoirement aux descendants d’Ishmaël, pendant que les Juifs étaient en exil, revient de droit aux enfants d’Israël, parce qu’il a été décidé ainsi  En Haut.  Les Musulmans ne partagent pas cet avis, donc la géopolitique biblique et islamique s’opposent sur un point crucial qui est : à qui revient la terre promise ?
La différence entre l’orthopraxie musulmane et l’orthopraxie juive, c’est que cette dernière est flexible parce qu’il y a autant d’orthodoxies qu’il y a de Juifs et que, par ailleurs la Torah ne demande pas d’exterminer les Sept Nations – lire les habitants non juifs qui vivent en Eretz Israël, ni  ses voisins Arabes. Mais que faire contre la rigidité dogmatique du Coran qui, pour les Arabes doit nécessairement  se traduire, ici et maintenant,  en actes de violence meurtrière ? Entre Mahmoud Abbas qui tient un discours d’apaisement et le Mufti de Jérusalem qui appelle à exécuter le Coran –  et les Juifs – à la lettre, qui doit-on croire ?
Pour les Israéliens la réponse ne laisse planer aucun doute : c’est la Mufti que l’on droit croire.
A partir de là, Israël n’a pas le choix : il doit être fort, vigilent et lucide : La menace d’extermination des Juifs et les tentatives de réappropriation de la terre d’Israël par ceux qui suivent le Coran à la lettre ne cessera jamais. Les beaux discours des « modérés » n’a pas de sens au regard de l’orthodoxie coranique. Donc, un dialogue sincère est synonyme d’aveuglement et de suicide. Cela ne signifie nullement que des accords ponctuels et circonscrits dans l’espace ne soient pas possibles, mais ceci est une autre affaire.
Que les Occidentaux, je veux parler essentiellement parler de nos amis Européens, ne se trompent pas ; la Charia ou la Loi musulmane est placée au dessus de la Loi indigène – lire européenne – du pays où l’on habite.  Cette Loi, non seulement ne  lie pas le Musulman, mais il a l’obligation de porter la guerre et la conquête dans le dar al-Harb, la terre de l’épée, afin qu’elle devienne, selon le désir d’Allah, le dar al-Islam.  Cela non plus n’est pas, en termes de géopolitique coranique, négociable. Ce que l’on appelle en France les « zones de non-droit » où la police est impuissante, devraient s’appeler zones de dar al-harb.
Les Juifs en Israël et en Diaspora n’ont pas, malgré ce que l’on vous serine, de volonté de conquête ; ils veulent un coin de terre  qui leur appartienne et, hors d’Israël, se conforment scrupuleusement çà la Loi du pays (Dina de malkhouta Dina = la Loi du Roi ou de la République est la Loi)
En clair, lorsque le Mufti actuel de Jérusalem, appelé de plus, Hussein ; sans doute pour nous rappeler un de ses illustres prédécesseurs,  Haj Amin al Husseini, le grand Mufti de Jérusalem et  grand copain d’Hitler, parle de l’extermination des juifs, le monde entier devrait comprendre l’allusion et s’indigner ; comme nous le dit l’inénarrable Hessel , et non fermer les écoutilles et passer cette information sous silence.

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