mardi 27 décembre 2011

Un Arabe, Grand Maître de la Grande Loge de l’Etat d’Israël



« Les Juifs et les Francs-maçons » est une accroche toujours tentante pour les canards en mal de copie. Aujourd’hui, je vous parleraides Arabes et de la Franc-maçonnerie. Ah, non pas dans les pays arabes où la maçonnerie est bannie, mais dans un Etat tolérant, ouvert aux minorités, qui s’appelle tout simplement Israël.  Le 25 février 2010 a été élu pour deux ans Grand-Maître de la Grande Loge de l’Etat d’Israël, un Arabe israélien fession greco-orthodoxe. Nadim Mansour, fiscaliste de profession,  est né à Haïfa,  et vit à Akko depuis 61 ans. Il est l’un des principaux membres du conseil exécutif de la communauté greco-orthodoxe en Israël. Il a été initié à Akko – St Jean d’Acre – en 1971
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un Arabe occupe la plus haute distinction à la GLNI. Le 23 Juin 1981 Jamil Shalhoub a été installé Grand Maître au Temple maçonnique de Tel-Aviv où il a prêté serment sur le….  TANAKH, en déclarant que c’était le Livre de la Fraternité Universelle.  Il aurait pu le faire sur le Nouveau Testament.
Rien n’interdit à ce qu’un Arabe musulman occupe un de ces jours la plus haute place à la tête de la Grande Loge de l’Etat d’Israël. Il faut savoir en effet qu’Israël est le seul pays au monde sur lequel, un maçon peut prêter fidélité, sur le Coran, Le Nouveau-Testament ou le Tanakh. Les trois livres, ouverts, sont disposés tout le long de la tenue sur le pupitre central.
Autre particularité de la Grande Loge de l’Etat d’Israël est que les Loges sont organisées par langue. Des Loges, dispersées à travers le pays,  travaillent en anglais, en russe, en roumain, en espagnol … et, même en hébreu. La population israélienne provenant des quatre angles de la terre, il est naturel que les Maçons s’expriment dans la langue qui leur est le plus familière. Les manuels sont bien entendu traduits dans ces différentes langues, plus certaines autres.
Par ailleurs, la maçonnerie tirant l’essentiel de sa symbolique du Tanakh, et, plus spécifiquement du Temple de Salomon à Jérusalem, des Maçons du monde entier, qui suivent le Rite Ecossais Ancien et Accepté, visitent Israël et sont ravis de visiter une Loge qui fonctionne dans leur langue.
En outre, ne croyez surtout pas que les Maçons juifs israéliens soient des mécréants idolâtres qui se placent hors de la tradition juive. Ils représentent toutes les variantes de la population israélienne, des plus observants, avec costume et kippa noire  jusqu’au moins observants. Et la paix règne entre eux.
L’attribution du poste suprême de la Loge d’Israël – poste de prestige et de commandement –  à un Arabe, est une nouvelle preuve par neuf, si besoin était d’apporter cette preuve, du respect, de la confiance et de l’extrême tolérance des Israéliens vis-à-vis des minorités qui habitent en Israël. Qu’on se le dise !

1 commentaire:

  1. A propos d’antisémitisme, force est de constater qu'on a attribué à un élément - les Juifs - les attributs de l’ensemble initialement concerné, tout comme on a fini par réserver les attaques contre le judéo-maçonnisme aux seuls Juifs.


    En 1904, A. Alhaiza, termine sa diatribe ainsi : "Et vous Maçons (...) libre à vous d’aller rejoindre à Sion, Judas votre digne fondateur et Grand Maître. Sûrement aucun Français patriote et honnête ne vous regrettera." (p. 16)

    En tout état de cause, un texte comme celui qui, tardivement, finira par porter le nom de Protocoles de Sages de Sion n’avait probablement pas tant été conçu pour incommoder les juifs que les non-juifs, du moins ceux susceptibles d’être soupçonnés de travailler pour les dits juifs. L’inconvénient d’une telle approche est d’étendre le soupçon à un ensemble plutôt mal circonscrit. Avec l’ère post-sioniste, il semble que l’on ait tendu à ne plus se focaliser que sur les Juifs, ce qui était sensiblement plus facile à gérer et à délimiter, mais ce faisant, les attaques n’atteignaient plus les Franc-Maçons, mais les Juifs, et le problème de la maçonnerie restait entier, tout comme celui des Protestants. D’une certaine façon, ces deux dernières populations ont du se sentir soulagées que tout le poids ne pesât plus que sur les Juifs, et qu’elles aient été dédouanées.

    * Al Haiza, Juifs et Franc Maçons, Paris, La Rénovation, 1904.

    * L. Nefontaine et J. Ph. Schreiber, Judaïsme et franc-maçonnerie, Histoire d'une fraternité, Paris, Albin Michel, 2000.

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